Historique

1965. Marcel Bich s’intéresse à la Coupe de l’America

Timeline Pic 1

L’industriel français qui a révolutionné l’écriture avec le lancement en 1950 du stylo BIC® Cristal®, poursuit l’implantation de son entreprise dans le monde entier et pratique la voile en famille.

Passionné de compétition et homme de défi, il s’intéresse à la Coupe de l’America. Réservée jusqu’alors aux anglo-saxons, elle est organisée par le New York Yacht Club depuis 1851 et courue à Newport depuis 1930.

 

1965. Préparation du défi

1965_2_Constellation-Sovereign-Kurewa

Dès 1965, Marcel Bich fonde l’AFCA (Association française pour la Coupe de l’America) et achète Sovereign, le challenger anglais de la Coupe de l’America en 1964, puis Constellation et Kurrewa.

 

1966. 1967 Entraînements à Hyères

img3

Sorties, tests des voiles et du matériel, entraînements des équipiers en match race se poursuivent sur les trois 12 Mètres J.I.SovereignConstellation et Kurrewa, sur les bases de Hyères.

En septembre 1967, Marcel Bich suit les régates de la Coupe de l’America aux États-Unis et à l’issue de celle-ci remet son défi au NYYC.

 

 

1967. Le New York Yacht club accepte de changer les règles

Lettre du NYYC5

Marcel Bich prépare son challenge mais le règlement en vigueur ne l’assure pas de pouvoir y participer.

En octobre 1966, au cours d’un déjeuner dans les salons du New York Yacht Club, il avait suggèré à ses dirigeants de modifier les règles de la compétition : le challenger, qui affronterait le defender, serait pour la première fois sélectionné après des régates éliminatoires entre plusieurs challengers, comme faisait le NYYC entre ses propres bateaux.

L’idée est plusieurs fois refusée puis finie par être acceptée en décembre 1967.

 

1969. Chancegger

1969_chancegger_bapteme Hyeres equipage

Marcel Bich demande à l’architecte américain Britton Chance de dessiner un 12 Mètres J.I. qu’il fait construire en Suisse, au chantier Hermann Egger. Ainsi sortit Chancegger, un bateau qui ne devait jamais courir mais seulement servir à préparer la construction du futur bateau compétiteur et participer aux entraînements.

Mme Sargent Shriver, épouse de l’ambassadeur des États-Unis en France et sœur du président Kennedy, est la marraine de Chancegger, mis à l’eau en 1969.

 

1970. Construction de France

1970 reconstruction bondu dans laxe

C’est l’architecte naval français André Mauric qui dessine France.

Construit en France – comme l’exigeait le règlement de la Coupe de l’America – à Pontarlier (Doubs), ce premier 12 Mètres J.I. français fut servi par un savoir-faire et des techniques de haut niveau en particulier pour la construction de la coque en 3 plis d’acajou de plus de 30 ans et pour les winchs faits en France sous la direction de Claude Bich.

En 1970, France est mis à l’eau à la Trinité-sur-Mer (Morbihan), dont les conditions de navigation sont comparables à celles du plan d’eau de Newport, et baptisé en mai.

 

1970. Le France à Newport

1970_France_Marc Bonduelle_72230012

Après un mois de mise au point avec ses sparring partnersChancegger et Constellation, le bateau est envoyé à Newport Rhode Island avec ses lièvres Constellation et Chancegger où il continue sa préparation.

Il faut affronter le bateau Australien Gretel et son équipage rompu aux manoeuvres de la Coupe puisque c’est leur 3ème challenge.

Louis Noverraz, le champion suisse médaillé olympique à Mexico et son équipage français perdent la première manche de peu. Poppie Delfour perd la seconde. Le champion suisse reprend la barre sans plus de succès.

Marcel Bich décide alors – perdu pour perdu – de barrer lui-même son France pour l’ultime course. Il embarque Eric Tabarly, alors au sommet de sa gloire nationale en tant que coureur au large.

Rien n’y fait. Gretel a déjà gagné alors que France, égaré dans un épais brouillard, ne trouve la ligne d’arrivée qu’avec difficulté. On apprendra 25 ans plus tard que les Australiens, à la limite extérieure du règlement, ont fait du homing gonio sur leur tender astucieusement mouillé à une longueur de la ligne d’arrivée.

 

1971. 1972 Une tentative Danoise interrompue…

Danish

Après l’échec du premier Défi français dans la Coupe de l’America en 1970, l’AFCA se tourne vers Pol Elvström, le Danois Volant, quatre fois champion olympique.

France est emmené au Danemark, l’entraînement commence et un mât révolutionnaire est fabriqué. Mais lorsque l’équipe de Pol Elvström en 1972 remorque France, chargé de plusieurs mâts – et de nuit !- d’un port à l’autre, le bateau embarde et coule par 20 mètres de fond.

Il faudra quelques jours pour le renflouer et la coque en porte, aujourd’hui encore, quelques stigmates. On rapatrie le bateau. C’est la fin de l’expérience danoise.

 

1974. France dans la Coupe de 1974

1974_Le Guillou_1970_France_Marc Bonduelle_72230013

Le temps presse et il n’y a pas d’autres solutions que d’aller au combat avec le valeureux France remis en état et amélioré.

Jean-Marie Le Guillou, Champion du Monde de 5,5 J.I., porte les couleurs françaises lors de la Coupe de 1974 mais perd les régates de sélection contre le bateau Australien Southern Cross, le premier bateau d’Alan Bond qui gagnera la Coupe en 1983.

 

1977. Troisième campagne de France

77 pic

L’AFCA décide de construire un nouveau bateau. Les essais en bassin de carène ont été très prometteurs et il est merveilleusement construit.

Une véritable flottille est réunie à Hyères (Var) pour préparer la Coupe de 1977 à Newport : ConstellationFrance et France II.Constellation le vieux vainqueur américain de la Coupe demeure redoutable au louvoyage.

Les premiers essais de France II sont décevants mais on attribue cette langueur à un manque de mise au point. France II remue beaucoup d’eau. Après 10 jours et de nombreuses heures de cravache, rien n’y fait ! Il faut se rendre à l’évidence : France II est moins rapide que France.

Il faudra faire la campagne de Newport avec le vaillant France, un vétéran de 7 ans ! Des cockpits étanches sont ajoutés pour satisfaire aux nouveaux règlements et le plan de voilure est légèrement modifié.

Une mini Coupe de l’America est organisée en interne entre 3 skippers ; Bruno Troublé gagne cette sélection et sera le barreur de France.

France gagne quelques régates lors des sélections malgré son grand âge : les premières victoires de l’AFCA. Mais il est éliminé avant la finale et Australia devient le challenger.

 

1980. France III en finale

1980_MB barre

France sert de lièvre à France III, le troisième 12M J.I. de l’AFCA, construit en aluminium et nettement plus rapide.

Avec le même skipper qu’en 1977, France III parvient en finale des challengers après avoir éliminé les anglais. Il perd face àAustralia. Cette performance demeure le meilleur résultat français dans la Coupe.

C’est la fin de la carrière de France dans la Coupe de l’America.

Marcel Bich se retire avec panache.

 

1984. France prêté à la Suisse

1984_Helvetia

L’AFCA décide de prêter France au nouveau défi genevois qui tente sans succès de participer à la Coupe de 1987. Le bateau est rebaptisé Helvetia, navigue quelques mois à Genève et échappe de peu à l’incendie qui ravage le chantier où il se trouve.

L’AFCA récupère le bateau, lui redonne son nom et le confie à l’Ecole Navale pour qu’il participe à la formation des officiers.

 

1984. à 1992. France à l’Ecole Navale

1984-1992_4606

France navigue en Bretagne avec de jeunes officiers en formation à l’Ecole Navale mais il est de moins en moins utilisé du fait de son coût d’exploitation élevé.

En 1992 le bateau est classé Monument Historique par Jack Lang, Ministre de la Culture.

 

 

 

1992. à 2010. Dernière sortie avant 20 ans

1992-2010_4559

France hisse les voiles pour la dernière fois lors du rassemblement à Brest 92 avec Eric Tabarly.

Puis il est désarmé, bâché et mis sur son ber à l’Ecole Navale. Il y restera près de 20 ans.

 

 

 

2010. à 2011. La reconstruction de France

2010-2011_vue 3-4 arriere

La famille Bich, Bruno Troublé et Thierry Verneuil entreprennent d’offrir une nouvelle vie au premier 12M J.I. français.

Grâce au soutien de l’Ecole Navale et de la Marine Nationale,France est rendu à l’AFCA et transporté au chantier de Viliaine à Arzal (Morbihan).

 

 

 

2012. France au Salon Nautique de Paris

Capture

Pendant 10 mois, l’équipe du chantier de Vilaine dirigé par Emmanuel Darviot, secondé par son maitre charpentier entouré de ses équipiers et avec à leur côtés Ben Le Saout, ancien de l’AFCA et Jacques Fauroux, architecte, mènent à bien la restauration de la coque de France. Ils font un travail remarquable d’ébénisterie de marine, en respectant le fabuleux ouvrage des compagnons-charpentiers de marine du chantier Egger qui l’avaient construit.

Dans ce project d’offrir une seconde vie à France, l’AFCA bénéficie du soutien du Ministère de la Culture et du Patrimoine, du Conseil Général du Morbihan et du Conseil Régional de Bretagne et de la Fondation Bénéteau.

C’est grâce à la Fédération des Industries Nautiques (FIN) et à l’organisateur du Salon nautique, Reed, que le bateau est exposé dans le Hall 1 sur le stand du Morbihan.

 

2013. France à nouveau sur les flots

7eme_edition_mai2013

France retrouvera l’océan et les embruns en avril 2013 et participera aux évènements bretons avec un équipage mixte d’anciens et de jeunes régatiers, comme l’avait toujours souhaité Marcel Bich.

Première régate à la Semaine du Golfe en Mai !